22 octobre 2008
L'Autre Guili Lapin
Mo Willems
Knuffle Bunny Too, traduit par Elisabeth Duval
(Kaléidoscope )
Guilin Lapin revient, yipeee (pour ses premières aventures, c’est ici)! Notre héroïne Trixie a bien grandi mais est toujours aussi attachée à son Guili Lapin.
Ce matin-là, avec son papa sur ses talons, Trixie court jusqu'à l’école maternelle pour pouvoir montrer à tous ses copains son Guili Lapin, qu’elle croit complètement unique en son genre.
Mais shock horror, une autre petite fille a amené exactement le même (enfin, presque, mais ça Trixie ne s’en aperçoit pas tout de suite !)! Après maintes chamailleries, les deux peluches sont confisquées jusqu’à la fin de l’école …
... et le lecteur est témoin d’un horrible drame lorsque les lapins sont restitués à leurs soi-disant propriétaires … mais Trixie a hérité de celui de Sonia, et vice-versa! Et ce n’est qu’en pleine nuit que Trixie se réveille soudainement lorsqu’elle se rend compte de l’horrible erreur qui a été commise. Mais Papa vient encore une fois à la rescousse et après un coup de téléphone et une sortie nocturnes pour échanger les peluches, Trixie retrouve enfin son lapin adoré et se fait une nouvelle meilleure copine en bonus.
Les parents qui ont souffert le traumatisme de perdre le doudou d’un loupiot (ça ne m’est jamais arrivé heureusement) ne seront pas surpris que le père ne recule devant rien pour retrouver Guili !
Bien que l’effet de surprise de découvrir l’originalité de Guili Lapin ne soit plus là, on ne peut que se réjouir de ces nouvelles aventures. Mo Willems a un talent fou! Je ne me lasse pas de regarder ses illustrations si éloquentes et son style qui n’a pas d’égal. C’est un régal pour les petits comme pour les grands ! J’adore particulièrement son choix de couleurs, que l’on retrouve également dans ses autres albums.
L'avis de Clarabel
05 septembre 2008
Deux autres romans d'outre-Atlantique ...
... lus cet été!
Rebelles
Anna Godbersen
The Luxe, traduit par Alice Seelow
(Albin Michel)
Les Holland, vieille famille new-yorkaise, sont sans le sou depuis la mort du père. Et Elizabeth, l’ainée des deux filles, et la petite chérie de la société new-yorkaise, se voit obligée de se marier. Sa mère choisit Henry Schoonmaker, playboy incorrigible, qui de plus est en pleine affaire torride avec Penelope Hayes, fameuse garce et soi-disant meilleure amie d’Elizabeth. Henry tombe, malencontreusement, sous le charme de Diana, la cadette Holland, le jour de ses fiançailles à sa sœur. Et pour corser le tour, Elizabeth, elle, est amoureuse de son garçon d’écurie (où elle passe d'ailleurs toute ses nuits!). Intrigue, trahison, scandale, belles robes, luxe, sexe … voici la vie des adolescents riches à Manahattan en 1899 !
Ça c’est sur, ce n’est pas de la haute littérature mais on passe tout de même un très bon moment pendant cette lecture. Godbersen a été chargée d’écrire cette série, ce n’est pas son idée originale, et ça se sent bien dans certains passages: le texte est quelque fois lourd, les descriptions longues et inutiles. On voit bien que Godbersen essaie désespérément d’imiter le style de Edith Wharton (dont j’étais grande fan dans mon adolescence, surtout de Old New York) et c’est loin d’être ça ! Mai bon finalement, tout ça , je m’en fiche un peu. Comme avec Twilight, on a beau voir les grandes erreurs de Rebelles, on a quand même envie de continuer à lire. On a beau deviner des le début où va l’histoire, on veut toujours en savoir plus. La preuve, j’ai sauté de joie (littéralement, demandez à mes loupiots)quand Puffin m’a envoyé une épreuve non corrigée de la suite alors qu’elle ne sort ici qu’en janvier ! Il ne me reste que quelques pages et guess what ? Il y en a un troisième et je l’attends avec impatience !
J’avais choisi ce titre comme premier ouvrage que mon groupe de lecture d’adultes lisant de la litté jeunesse. Je me suis dit que cela serait parfait pour les vacances, et j’avais raison car la plupart de mes copines ont également beaucoup apprécié cette lecture.
Qui es-tu Alaska?
John Green
Looking for Alaska, traduit par Catherine Gibert
(Gallimard Jeunesse, Collection Scripto)
Miles Halter est un adolescent sans histoire, mais sans vrai ami. Obsédé par les derniers paroles des gens célèbres, il décide de suivre le conseil de Rabelais qui, apparemment dans son dernier souffle avait dit « Je pars en quête d'un Grand Peut-Être » et de partir en Alabama (il vit en Floride) dans le pensionnat où est allé son père. Là, pour la première fois, il se fait un groupe d’amis dont fait partie la mystérieuse Alaska. Miles est tout de suite attiré par cette jeune fille jolie, intelligente, mais également lunatique, névrosée et à la limite d’alcoolisme. … ce qui forcément finira en drame.
Mouais, je ne suis pas super emballée, je dois bien l’avouer. Je m’attendais à tellement mieux! Le livre a ici un parental warning et je ne comprends toujours pas pourquoi ! Le texte est bien écrit, certes, et il y a de très bons passages (j’aime beaucoup l’idée des derniers paroles par exemple). Mais j’ai trouvé les ados bien trop stéréotypés, comme si tous les ados dérangés se retrouvent à Culver Creek ! La fin ne m’a impressionné non plus. Ce livre n’a pas eu de succès ici, la première fois que j’en ai entendu parler c’était chez Clarabel. J’étais curieuse donc je suis contente de l’avoir enfin lu, mais cette lecture ne restera pas gravée comme l’une de mes préférées. Tant pis pour moi!
01 septembre 2008
Pour toujours... jusqu'à demain
Sarah Dessen
The Truth about Forever, traduit par Stéphane Michaka
(Pocket Jeunesse)
Depuis la mort de son père dont elle se sent responsable, Macy vit une vie très sage, où tout est minuté et où son temps est partagé entre sa mère qui travaille très dur pour oublier son cœur brisé et Jason, son petit ami hyper intelligent, hyper maniaque mais très peu compréhensif. Lorsque celui-ci part tout l’été au « camp des cracks », Macy le remplace à la bibliothèque municipale et pense passer des vacances plutôt banales et barbantes. C’est sans compter sur sa rencontre avec les employés de la société de traiteurs qui un soir travaillent pour sa mère. Ils sont tous un peu loufoques mais très sympathiques et surtout, parmi eux, il y a Tim (Tim? Il s’appelle Wes en VO, pourquoi changer son nom?), qui la trouble considérablement. Alors qu’ils se lient d’amitié sous le regard plus que réprobateur de sa mère, Macy se pose de plus en plus de questions. Aime-t-elle vraiment la routine qu’elle s’est forcée à suivre pour soulager sa mère ? Aime-t-elle vraiment vivre dans l’ombre de Jason ? Est-elle-heureuse ? Et elle qui voulait toujours garder le silence sur les circonstances de la mort de son père, n’a-t-elle pas finalement envie de parler ? J’avais toujours été attirée par les couvertures des livres de Sarah Dessen mais je n’avais jamais rien lu d’elle. Après avoir acheté celui-ci pour le CDI et après les louanges de mes avides petites lectrices, je l’ai pris avec moi en vacances. Et je n’ai pas été déçue, car j’ai adoré ce livre. On ressent plein de douceur et de finesse à travers le style de Dessen, il transpire de sensibilité et d’émotion. Le texte est fluide, simple ; certes les personnages peuvent paraître un peu stéréotypés. Macy est une vraie All-American Girl, jolie, blonde et mince, sportive, et venant d’un milieu aisé. Tim lui est le bel artiste ténébreux, un peu torturé, au passé douteux et aux origines modestes. Ça pourrait presque passer pour du Beverly Hill 90210, mais ce n’est pas du tout ça ; c’est un livre intelligent, plein d’espoir. C’est un vrai comfort read, une lecture qui fait du bien, mais sans jamais être niaise. C’est une Coming of age story (comme on les appelle ici) parfaite, un portrait d’une adolescente qui se trouve enfin et qui arrive à s’accepter non seulement elle-même mais aussi ce qui lui est arrive et son droit de malgré tout être heureuse. Le deuil chez l’adolescent (et chez les adultes aussi à travers la mère de Macy) y est également traité avec beaucoup de pudeur. Je vous conseille vivement cette belle histoire, et je m’en vais de ce pas lire les autres romans de Sarah Dessen !
L'avis de Ricochet et de Francesca
02 juillet 2008
Léonardo, le monstre épouvantable
Mo Willems
Leonardo the Terrible Monster, traduit par Elisabeth Duval
(Kaléidoscope)
Léonardo est un monstre épouvantable, mais pas dans le bon sens du terme. Voyez-vous, Léonardo ne fait peur à personne, et c’est une tragédie. Il a tout essayé, mais il n’est pas aussi effrayant que ses compères monstres. Il ne perd pas espoir pourtant et fait de maintes recherches pour trouver le candidat parfait qui deviendra sa première victime … et il s’agit d’un petit garçon qui s’appelle Sam et qui pleurniche beaucoup. Arrivera-t-il à faire peur à sa victime ? A vous de le découvrir mais Léonardo apprendra tout compte fait que faire peur aux gens n’est pas toujours le meilleur moyen de se faire accepter, même quand on est un monstre!
Ici, le style est très épuré, le livre est à grand format, et les illustrations souvent en bas de page, laissant une bonne partie de la page vide. Cela donne un effet de vide qui est particulièrement utile dans une page comme celle-ci, où Léonardo est très malheureux :
Comme beaucoup, j’adore Mo Willems. Ces textes sont intelligents et humoristiques et ses illustrations sont hors du commun. Quand je lis un livre de Willems, j’ai toujours l’impression, grâce à ses choix de couleurs très spécifiques, de me retrouver dans les années 50. Ce choix de couleurs, c’est vraiment sa griffe, sa "trademark" comme on dit ici.
Donc j’étais complètement dégoutée quand j’ai reçu ça il n’y pas si longtemps et qu’il m’était impossible d’y aller :
Enfin bon, on se console comme on peut, j’ai commandé deux de ses nouveaux livres , Edwina the Dinosaur Who Didn’t Know She Was Extinct et Knuffle Bunny Too (qui est en réimpression, ouin !)
Un illustrateur à découvrir sans attendre !
Quelques liens en plus :
Son blog
Son site
Mon billet sur Guili Lapin
16 juin 2008
Connaissez-vous Lilou?
Lilou est une petite fille qui, du haut de ses 7 ans, a déjà des gouts de star : elle aime tout ce qui est rose, elle porte des robes de princesses, des boas, des diadèmes, adore les froufrous, les paillettes, bref tout ce qu’elle appelle chou !
Quatre albums sont disponibles aux USA, le pays natal de Lilou, et les deux premiers seulement sont pour l’instant disponibles en France.
Lilou trop chou est une princesse
Jane O'Connor (texte) et Robin Preiss Glasseur (illustrations)
Fancy Nancy, traduit par Luc Rigoureau
(Larousse)
Dans cette première histoire nous rencontrons donc Lilou pour la première fois et nous faisons connaissance avec sa famille, ses goûts, sa p’tite vie quoi. Ce que Lilou aime, à part tout ce qui est "bling" bien sûr, c’est d’utiliser des mots chic; avec elle, rien n’est "rose" mais "fuschia", une "robe de chambre" devient un "déshabillé", etc etc etc.
Malheureusement, ses parents et sa petite sœur ne partagent pas son enthousiasme pour tout ce qui est chou. Elle décide donc de leur apprendre eux aussi, à l’être et leur donne des cours sur l'art d'être chou! Tout se passe bien jusqu'à leur première sortie en public …
Lilou trop chou veut un chien
Jane O'Connor (texte) et Robin Preiss Glasseur (illustrations)
Fancy Nancy and the Posh Puppy, traduit par Luc Rigoureau
(Larousse)
Dans le deuxième tome des ses aventures, la famille de Lilou a décidé d' adopter un chien. Lilou voudrait un papillon, comme Fleur, celui de la voisine Madame DeVine, mais ses parents préféreraient bien un chien avec un peu plus de ...euh ... chien! Lilou décide de s’occuper alors de Fleur pendant quelques jours pour voir si cette race lui convient vraiment (la scène avec la toute petite crotte fait, bien sur, hurler de rire Miss R.). Comme avec la première histoire rien ne se résous sans une petite catastrophe mais tout est bien qui finit bien à la fin.
J’avais déjà hésité à acheter le premier l’année dernière mais je trouvais que Miss R. était trop petite encore. Et puis bizarrement, bien que le livre m’attirait, je trouvais certaines des illustrations très moches ! Mais quand Red House a vendu un pack avec Fancy Nancy and the Posh Puppy et Fancy Nancy Loves, Loves, Loves !, j’ai finalement cédé … et quelques jours plus tard j’ai commandé celui qui nous manquait. Je trouve toujours certaines des illustrations moches, mais j’aime le "feel" de cette série. Lilou est une petite fille enthousiaste, serviable, pleine d’imitative et de bonté pour les gens qui l’entourent. Elle aime le rose et les froufrous certes mais elle est loin d’être mielleuse, chochotte ou « goodie two shoes », ce qui est une chose qui m’énerve énormément dans une autre série préférée de Miss R., Princess Poppy (Pinkie, une autre héroïne que Miss R. aime beaucoup est un peu plus comme Lilou). Ce qui me plait également, ce sont ses parents. Ils ne comprennent pas trop son engouement pour tous les choses "flashy" mais ils sont près à tout pour lui faire plaisir, même de s’habiller chou également pour sortir au resto. Finalement j’aime aussi les jeux avec le langage . Dans la version originale, Lilou utilise des mots français pour être chic; dans la version française, il y a pas mal de mots en anglais. Je trouve ça sympa pour renforcer l’apprentissage d’une langue étrangère (bon il ne faudra pas mettre ce livre entre les mains d'André Manoukian par contre, parce qu’il nous fait assez d’anglicismes énervants !).
Allez découvrir cette petite série très sympa, mais bon, il ne faut pas se leurrer, c’est 100% filles uniquement !
28 mars 2008
Z comme Zinkoff
Jerry Spinelli (L’École des loisirs, collection Neuf)
Loser, traduit par Jérôme Lambert
Quand j’ai appris que ce livre avait reçu le Prix Sorcières 2008 dans la catégorie romans 9-12 ans, ça a attisé ma curiosité. Je suis donc allée à la petite bibliothèque de mon village où, bizarrement, il était rangé avec les livres pour ados (maintenant que j‘ai fini le livre, je ne comprends toujours pas pourquoi d’ailleurs). On suit donc dans cette histoire le jeune Donald Zinkoff, de son entrée en CP jusqu'à son entrée en sixième. Et on est témoin de tout un tas de choses dans sa vie : son premier jour à l’école bien sûr, l’arrivée de sa petite sœur Polly, les amitiés, certaines courtes (Andrew, le voisin arrogant, Hector, le camarade de classe qui collectionne son cérumen pour faire une bougie), certaines peu ordinaires (Claudia, la petite fille « à la laisse », la vielle femme rencontrée sur la tournée de facteur de son père). Donald n’est pas comme les autres, ça se sent tout de suite. Les instituteurs et le corps médical lui auront tout de suite collé une vignette; peut-être « hyperactif », peut-être (sûrement) pire. Mais Spinelli fait le choix ici de ne justement pas mettre de vignette. A la place, il le décrit comme un enfant comme les autres avec une légère tendance à être un « peu trop » ou « un peu plus » que les autres, que ce soit sa gaieté (son fou-rire à chaque fois qu’il entend un mot rigolo), son ultra-politesse envers ses instituteurs, ses réactions très exagérées (lorsque son équipe gagne leur match de foot par exemple), etc.. Ce que Spinelli décrit très bien, c’est l’amour et la patience de ses parents envers lui et sa totale confiance en eux; plusieurs fois, leur dévotion m’a mis les larmes aux yeux. Il décrit aussi la cruauté des autres enfants … mais est-ce de la cruauté ou juste une inhabilité à comprendre la « différence » de Donald ? Quoi que ce soit, quelque fois on grince des dents pendant la lecture, on veut tourner la tête, regarder dans une autre direction. Donald, lui, a du mal à voir le mal, il ne voit pas que les autres se moquent, ou s’il voit il évite d’y penser, et quelque fois, cela rend la lecture difficile, on se sent le cœur un peu fendu. Mais il y a beaucoup d’espoir dans ce livre ; à la fin, on sent que sans être compris, Donald pourra peut-être être accepté, ou du moins ne pas être complètement ignoré par ses pairs. C’est une lecture très émouvante, jamais sentimentaliste, jamais moralisatrice. On espère que ça aidera les jeunes lecteurs à comprendre et accepter la différence de certains et surtout que ce n’est pas une mauvaise chose. Un très beau livre d’un auteur plein de talent qui passe souvent assez inaperçu ici.
Ils en parlent également: Librairie Comptines et Kidélire
Prix Sorcières 2008, catégorie romans 9-12 ans
16 janvier 2008
Fascination
Stephenie Meyer (Hachette)
Twilight, traduit par Luc Rigoureau
Ce livre, presque tout le monde sur la blogosphère littéraire en a parlé, alors je ne vais pas vous ennuyer avec un autre résumé (allez voir le billet de Gawou, et celui de Fashion, dans lequel on trouve plein de liens vers d'autre billets sur le même sujet). Je pense que à l'unanimité, ce livre est apprécié, adoré même, par beaucoup.
Je l'ai beaucoup aimé, mais sans l'aimer vraiment (ça y est, je perds les pédales pour de bon). Ce que je veux dire, c'est qu'il m'a fait le même effet que quand j'avais, à l’époque de sa sortie, commencé Bridget Jones' Diary: une fois que j'ai lu la première page, c'était une vraie course contre la montre, il FALLAIT que je le lise et le finisse vite, vite, vite!
Pourtant, il y a plein de trucs qui me titillent avec ce bouquin et c'est donc sur cela que je vais m'attarder aujourd'hui.
D'abord, c'est pas la faute de Stephenie Meyer, je ne peux pas vraiment lui en vouloir, mais utiliser le prénom de ma loupiotte non seulement pour un vampire mais en plus un vampire qui est une garce (pour l'instant en tout cas), ça m'a pas plu, il faut bien le dire ! Surtout quand Bella dit que les prénoms des jeunes Cullen sont tous des prénoms de vieux!!!! Bref, c'est minime, mais bon, hein, ça m’a enervé!
L'écriture est moyenne, et les dialogues à la limite du médiocre quelque fois:
"I love you" I whispered
"You are my life now" he answered simply.
Franchement, ce genre de réplique, ça vous donne pas la nausée?
Je n'aime pas particulièrement le personnage d'Edward, bien que je le trouve attrayant. Ses changements d'humeur sont bien trop nombreux. Je sais qu'ils sont nécessaires pour exprimer son inner-struggle, le combat entre sa "nature" et son désir d'être autre, mais ça devient lassant à la fin. Et puis il y a un autre truc qui me titille vraiment: sa façon de la traquer presque. I l la regarde dormir la nuit, il la suit non seulement physiquement mais également à travers les yeux des autres. Le pire c'est que ça n'a pas l'air de gêner Bella; c'est très malsain tout ça (enfin bon, s'amouracher d'un vampire, c'est pas très sain non plus!).
C'est très decevant également que le titre ait été changé dans la traduction, je suis bien d'accord avec Fashion. Twilight, qui signifie crépuscule, est une notion importante dans le livre, dans le chapitre 11 par exemple:
"It's twilight [...] It's the safest time of day for us" he said, answering the unspoken question in my eyes.
Mais aussi à la toute fin du livre:
"So ready for this to be the end [...] for this to be the twilight of your life, though your life has barely started."
Et puis pour finir, beaucoup des arguments postés contre la série sur Child-Lit List (dont j'avais posté quelques extraits dans les commentaires du billet de Gawou) résonnent tout de même dans ma tête: pourquoi est-ce qu'il n'est à aucun moment question de la réaction d’Edward quand Bella a ses règles? C'est tout de même important, vu son attraction envers le sang et l 'importance qu'il porte à l'odeur.
Quant à Bella, on ne peut pas dire qu'elle ait une personnalité foudroyante. On ne sait rien de ce qu'elle aime vraiment, elle n'a aucune des préoccupations d'une adolescente, même avant qu'elle rencontre Edward. Et puis c’est vrai, c’est énervant qu’elle soit toujours en train de se faire mal, de chialer ou encore pire d’être portée. Elle est presque plus décrite comme un bébé que comme une ado de 17 ans, et elle y perd son statut de jeunne femme dans un sens, et sa féminité. Les autre personnages féminins ne sont pas très profonds non plus : sa mère par exemple est une écervelée qui a épousé un mari plus jeune car elle se sent « jeune » elle aussi ; elle n’a pas l’air particulièremetn préoccupée par son rôle de mère. Seules Alice, Esmé et Rosalie gardent un peu de dignité dans tout ça!
Ben dites-donc, je pensais pas en écrire une couche comme ça! Ce livre m'a passionné dans tous les sens, et il me fait réfléchir beaucoup, à nouveau, à ce qui je, en tant que documentaliste, recherche dans les livres que je mets sur mes étagères et ce que mes élèves recherchent, eux, dans leurs lectures. Devrais-je m'inquiéter? Est-ce qu'une ado verra les points négatifs que moi je vois ou sera telle passionnée tout simplement pour cet amour impossible? C'est le problème du professionel en cette matière: réfléchissons nous tant au contenu qu'on en oublie que ce qui compte après tout, c'est le plaisir de lire ? Ce plaisir, en tant que lectrice (plutot qu’en tant que documentaliste) je l’ai ressenti à 200% pendant cette lecture, malgré tous les défauts et quelques âneries de l’histoire. On est emporté par cette histoire d’amour, Meyer sait parler directement aux coeurs romantiques des filles !
J’attends le deuxième tome avec impatience bien que le synopsis me déçoive un peu – comment ça, pas d’Edward? – et je lirais sûrement le troisième aussi. Par contre je pense que je m’arreterai la. Meyer n’avait après tout prévu qu’une trilogie au début.
Le film
Eh ben, oui, un bouquin pour ados a du succés, alors forcément, on fait un film! Le site de Meyer est très interessant en ce qui concerne ce sujet; elle parle de ses acteurs préférés pour les roles. Le Edward qu'elle voulait (Henry Cavill) était presque parfait à mon goût mais malheureusement it est maintenant trop "vieux" (24 ans, eeeek!), ils ont donc choisi Robert Pattison (Cedric Diggory dans les Harry Potter). Ça me va pas du tout ça! Il est joli garçon, mais pas du tout comme j'imaginais Edward. Elle parle de Gaspard Ulliel, qui a plus le physique que je m'imaginais (je pense surtout à lui dans Hannibal Rising avec son air haineux et ses cheveux huileux, plûtot que dans Un long dimanche de fiançailles), mais lui aussi est trop agé.
Le choix pour Bella n'est pas beaucoup mieux.
Je trouve vraiment très intéressant de voir les acteurs que elle a choisi. Son choix pour Carlisle (Charlie Hunnam - un acteur britannique très yum, même si je n'aime pas les blonds, qui est devenu connu chez nous à la fin des années 90 dans la première série qui parlait et montrait très ouvertement des relations homosexuelles - Queer as Folk) encore une fois, est parfait à mes yeux. Et Cillian Murphy pour James, tout à fait!
Allez voir sur le site, c'est passionnant!
05 août 2007
Un petit bol de lait dans le ciel
Kevin Henkes (Kaléidoscope)
Kitten's First Full Moon
Pour mon dernier billet avant mes vacances, je vous montre un autre album américain, sur lequel je suis tombé par hasard à la bibliothèque de mon village. Les albums jeunesse en noir et blanc sont toujours étrangement attrayants je trouve et celui-là m’a aussitôt attiré l’œil.
L’histoire est très simple : un petit chaton qui voit une pleine lune pour la première fois et pense qu’il s’agit d’un bol de lait (qui a dit que les chats étaient des bêtes intelligentes, hein?). Bref il essaie d’abord de la laper, puis essaie de l’attraper en sautant en l’air, puis il essaie de lui courir après. Arrivé au bord d’un étang, il s’aperçoit qu’il y a un autre bol de lait dans l’eau (c’est bien sur la réflexion de la lune), donc il saute. Et après ca, il abandonne, rentre chez lui, et que trouve-il sur le pas de la porte ? Un bol de lait bien sur !
Comme vous pouvez le voir, l’histoire est très simple, mais les illustrations sont vraiment très belles et les expressions de ce petit minou quelque fois hilarantes !
Un livre vraiment charmant à partager à partir de 3 ans.
02 août 2007
Guili Lapin, un conte moral
Mo Willems (Kaléidoscope)
Knuffle Bunny, a Cautionary Tale traduit par Elisabeth Duval
Quelque fois, au milieu de nos (nombreuses) lectures, on croise un livre qui est un vrai trésor. Guili Lapin en est un.
Mo Willems est américain et est surtout connu pour ses livres dont le héros est un pigeon (Le pigeon trouve un hot-dog et Ne laissez pas le pigeon conduire le bus, également chez Kaléidoscope).
Avec Guili Lapin, il change de style. Ici, il surimpose photographies de Brooklyn au ton sépia avec des illustrations faites à la plume. Ces dessins sont superbement expressifs et le résultat est fulgurant, vraiment magnifique et très original. Je pense que le sur-usage de superlatifs exprime bien mon enthousiasme pour ce livre !
C’est donc l’histoire de Trixie, une petite fille new-yorkaise qui part avec son papa à la laverie automatique:
Elle aide son papa à trier le linge et il est bientôt temps de rentrer à la maison pendant que le linge lave. Au moment du départ, Willems nous donne un petit indice du désastre qui est sur le point de se produire :
A mi-chemin, Trixie s’aperçoit donc qu’il manque quelque chose :
Elle essaie d’expliquer à papa, mais lui, ne comprend pas; il faut dire que "AGLI ABLI API" ("AGGLE FLAGGLE KLABBLE" dans l'édition originale), c'est pas forément simple à comprendre. Bref, ce n’est qu’une fois arrivés à la maison que maman qui réalise tout de suite que Guili Lapin a disparu. Vite on retourne à la laverie en courant:
Est-ce que Trixie retrouvera son Guili Lapin chéri ? La fin surprendra car ce n’est pas seulement une petite histoire de doudou perdu!
Le texte est court et rythmé alors si vous connaissez un petit d’a peu près 3 ans, que son doudou soit un lapin ou non, courez aller lui acheter, vous ne serez pas déçus, ce livre est un « classic in the making » comme on dit chez moi !
02 juin 2007
Les aventures de Percy Jackson
Rick Riordan (Albin Michel, collection Wiz)
Quand j’ai lu le premier tome des aventures de Percy Jackson, Le voleur de Foudre, ce n’était pas que le livre m’attirait franchement – ce genre d’aventure n’est pas trop ma tasse de thé – mais parce qu’il était en compétition pour le Red House Children’s Book Award (qu’il a d’ailleurs gagné). Une fois commencé par contre, je n’ai pas pu m’arrêter ! Je viens de finir le troisième tome (Titan’s Curse) alors que le deuxième tome vient tout juste de sortir en France. Heureusement, Riordan nous promet 5 aventures en tout !
Et ça parle de quoi tout ça?
Lorsqu’on rencontre Percy pour la première fois, dans Le voleur de foudre, il en est à sa sixième école en six ans. Il a tendance à attirer les gros ennuis et ses problèmes avec la discipline font qu’il se fait renvoyer à chaque fois. On apprend qu’il est dyslexique et souffre de THADA – plus tard on découvrira que ces deux conditions sont tout à fait normales pour un enfant comme lui. Car Percy n’est pas un enfant comme les autres, c’est un « sang- mêlé », un « héro », bref un enfant d’un parent mortel et … d’un dieu de la mythologie grecque ! Le surplus d’énergie qui lui vient de son côté « mythologique » ressort comme un symptôme de THADA. C’est un bon point pour Riordan : ce n’est pas très souvent que la dyslexie et THADA sont traités comme des points positifs dans le caractère d’un enfant (son fils souffre de ces conditions et c’est à l’origine pour lui que ces histoires ont été créées).
Bref, il arrive toujours des trucs bizarres à Percy et lorsqu’il est attaqué par un de ses profs (qui se transforme en monstre pour l’occasion, si si !) lors d’une visite au musée, il est sauvé par Grover, son meilleur ami qui est en fait un satyre et qui l’emmène dans un camp dirigé par Dionysos, une sorte de colonie de vacances pour héros à Long Island. Gardé par des barrières magiques, c’est le seul endroit où ces enfants peuvent être protégés des toutes sortes de monstres qui veulent les détruire. Il y rencontre Annabeth, une fille d’Athéna, et qui a passé presque toute sa vie là-bas.
C’est là que commencent les aventures de Percy : il se doit de retrouver l’éclair de Zeus du vol duquel son père, Poséidon, dieu de l’océan, est accusé. Il se doit aussi de retrouver sa mère, enlevée par un minotaure.
Dans la deuxième aventure La mer des monstres, Percy est maintenant plus à l’aise avec son sta
tut de héros et de fils de Poséidon. Pourtant rien d’étrange ne se passe dans sa nouvelle école. Jusqu’à ce que Annabeth débarque pour le prévenir que les barrières magiques qui protègent la colonie des Sang-mêlés ont été empoisonnées et le camp et ses habitants sont en grave danger. Pour les sauver, Percy, Annabeth et Grover doivent parcourir la mer des monstres, qui porte bien son nom d’ailleurs. Parcourir une mer, c’est facile pour le fils de Poséidon, non? ….. eh ben non, pas tant que ça comme le découvrira bientôt Percy. Cette deuxième aventure est toute aussi pleine de rebondissements, de nouveaux caractères et de révélations sur ceux que l’on connaît déjà. Comme pour le premier, j’ai appris beaucoup sur la mythologie en lisant ce livre.
Alors, pourquoi est-ce que je les aime tant ? Un critique du Sunday Times a décrit cette série comme étant « Buffy meets Artemis Fowl » et il n’avait pas tort ! Riordan a réussi à intégrer les dieus de la mythologie grecque à notre vie moderne avec une aisance incroyable : les centaures cachent leurs jambes dans des fauteuils roulants, Poséidon est un surfeur vieillissant, Arès un biker agressif etc. On voit bien que Riordan a scrupuleusement étudié la mythologie. Avec beaucoup d’humour et des rebondissements tout aussi inattendus les uns que les autres, c’est haut la main ma série préférée d’aventures fantastiques. Harry Potter … c’est qui ?



















