06 octobre 2009
La rançon des pirates
Emily Diamand
Reavers' Ransom traduit par Nathalie Gouyé-Guilbert.
(Michel Laffon)
Je pense que je n’aurais jamais lu ce livre s’il n’avait pas fait partie de la sélection Booked Up, et cela aurait été bien dommage car c'est un très bon roman ! Lily et Zeph, nos deux héros, vivent dans une Angleterre (ou du moins ce qu’il en reste) post-apocalyptique (du genre écologique), engloutie sous les eaux après la fonte des glaciers, au vingt-troisième siècle. Lily est une jeune fille peu ordinaire; d’abord parce qu’elle est pêcheuse, dans un monde où seuls les hommes font cette profession, mais aussi parce qu’elle a un chat des mers, une race rare, qui est une véritable boussole nautique. Celui-ci suscite la jalousie des autres pécheurs du village ; c’est pourtant le chat qui a choisi d’être le compagnon de Lily et de personne d’autre mais cela amène tout de même à beaucoup de convoitise. Des les premières pages, l’histoire nous accroche et j’ai pris peu de temps à lire ce roman dont le rythme ne ralentit pas. La narration alterne entre Lily et Zeph, ce qui rend l’histoire d’autant pus intéressante. J’ai beaucoup apprécié le style d’Emily Diamand; elle nous laisse quelques énigmes non résolues (moi je voudrais savoir qui est cet aïeul par exempleàa qui appartenait l’ordinateur) pour nous donner envie de lire la suite qui sortira en Angleterre en mars 2010. A noter que le livre a été publié après que Diamand ait gagné en 2008 le concours annuel organisé par le quotidien The Times et la maison d’éditions Chicken House qui recherche un nouveau talent de la littérature jeunesse.
C’est dans son bateau qu’elle se trouve, au large, lorsque son village est attaqué par les redoutables pirates qui saccagent, pillent et tuent autour d’eux. Cette fois-ci, ils ont également réussi à enlever la fille du premier ministre (qui a depuis longtemps remplacé le monarque britannique) qui vit dans le village avec sa tante. Celui-ci décide de punir le village pour trahison car il considère que les villageois ne se sont pas assez battus pour protéger la fille dont il se fiche éperdument. Lily décide de partir seule et d’essayer de sauver la petite fille captive en marchandant avec les pirates a l’aide d’un étrange bijou qu’elle a emprunté à la tante de la fillette. Entre l’énigmatique rançon qu’elle détient et sa rencontre avec Zeph, fils du chef des pirates. Lily est loin d’être au bout de ses surprises…
15 décembre 2008
Les Contes de Beedle le Barde
J.K. Rowling
Tales of Beedle the Bard, traduit par Jean-François Ménard
(Gallimard Jeunesse, collection Hors Série Littérature)
Tous les lecteurs d’Harry Potter se rappelleront de la signifiance de ce livre dans le dernier tome, et finalement son dénouement. Dumbledore le laisse à Hermione dans son testament et il aide notre trio à comprendre le symbole et l’existence des reliques de la mort, grâce au dernier conte inclus dans le tome, Le conte des trois frères.
Bref, tous les fans d’Harry attendaient ce livre avec impatience. Moi j’avoue que j’avais complètement oublié son existence, jusqu’à ce que je tombe nez-à-nez avec au supermarché lundi dernier. Me rappelant sa présence dans Les reliques de la Mort, j’ai quand même voulu y jeter un œil (en plus, c’est pour une bonne cause car une partie des profits vont à une œuvre de charité, High Level Children’s Group) donc je l’ai acheté.
Et bien, j’ai été agréablement surprise ! Les cinq contes de Beedle le Barde sont : Le Sorcier et la Marmite sauteuse, La Fontaine de la Bonne Fortune, Le Sorcier au coeur velu, Babbitty Lapina et la souche qui gloussait et le fameux Conte des Trois Frères.
Le deuxième conte, La Fontaine de Bonne Fortune, est sans hésiter mon préfèré. Evocateur du conte Les habits neufs de l’empereur de Hans Christian Andersen, ce conte raconte l’histoire des trois sorcières et d’un chevalier moldu qui après maintes chagrins dans leur vie, ont l’opportunité d’aller se baigner dans la fontaine de bonne fortune pour changer le cours de leur vie. Mais le chemin vers la fontaine n’est pas sans obstacle et ce n’est pas grâce à la magie que les personnages triompheront finalement.
Comme tout conte qui se doit, la fin est très morale, mais c’est l’angle pris qui est très intéressant. Dans les contes traditionnels (et par cela j’entends les nôtres), les héros ne sont jamais magiciens et ont plutôt tendance à subir la magie des autres (la pomme empoissonnée de Blanche-Neige, le sommeil de La Belle au Bois Dormant, etc) et triomphent parce qu’ils sont vainqueurs contre cette magie. Dans ce recueil, écrit bien sur pour une audience de sorciers (d’après Dumbledore, ce recueil est pour les jeunes sorciers ce que les contes des frères Grimm sont pour nous, communs Moldus), c’est tout à fait différent : les héros sont eux-mêmes en possession de pouvoirs magiques et la morale devient alors que les pouvoirs magiques ne sont pas toujours d’un grand secours et que c’est le pouvoir qui est en nous, dans notre cœur ou nos convictions, plutôt que les pouvoirs magiques qui aident a surmonter certaines épreuves.
La plupart du livre consiste des annotations de Dumbledore, et bien que beaucoup soient très barbantes, ces annotations sont également la source des moments les plus humoristiques de ce livre, comme par exemple dans les notes suivant La Fontaine de Bonne Fortune (désolée, je n’ai que la version VO) :
This exchange marked the beginning of Mr Malfoy’s long campaign to have me removed
from my post as Headmaster of Hogwart’s, and of mine
to have him removed from his position as Lord Voldermort’s
Favourite Death Eater.
Bref un petit livre qui ravira les fans de JK Rowling et un joli petit cadeau de Noël!
A noter que les illustrations sont de Rowling elle-même.
16 octobre 2008
Quand vous lirez ce livre ...
Sally Nicholls
Ways to Live Forever, traduit par Xavier d'Almeida
(Pocket Jeunesse)
Sam a 11 ans et il souffre d’une leucémie. C’est sa troisième. Il ne va plus à l’école. A la place, il reçoit chez lui une tutrice, Mrs Willis, qui vient avec un autre élève atteint d’un cancer, Félix. Sam adore les histoires et collectionne les faits intéressants. Il adore aussi faire des listes. Avant de mourir, il veut voir un film d’horreur, embrasser une fille, boire de l’alcool etc. Et comme il sait qu’il va mourir, il voudrait surtout savoir comment c’est de mourir, et ce qu’il se passe juste avant et juste après. Avec l’aide de Mrs Willis et Félix, il commence à écrire un livre qui documente ses recherches et ses aventures, jusqu'à la toute fin. Et c’est ce livre qui nous présenté ainsi sous la forme d’un journal.
Il est très difficile de lire ce livre et de ne pas le comparer à Je veux vivre , bien que Quand vous lirez … cible une plus jeune audience (mais comme, il est également publié avec une couverture « adulte »). La fin, inévitable, m’a fait pleuré, mais comme avec Je veux vivre, c’est surtout le personnage du père qui m’a émue. Ici le père de Sam est au début renfermé et refuse d’accepter le sort de son fils. Sa métamorphose vers la fin du livre m’a fait pleurer de chaudes larmes ! L’effet que la maladie de Sam a sur ses proches est d’ailleurs très bien documenté et cela reste, à mon avis, la plus belle réussite de ce livre.
Sally Nicholls arrive à se mettre dans la peau d’un enfant de 11 ans et c’est un bon premier roman quand on pense que Sally n’avait que 23 ans lorsqu’elle l’a écrit, alors qu’elle étudiait par sa maitrise d’écriture de littérature jeunesse (si, si ça excite, et ça se passe près de chez moi, ici ). Mais je pense que je l’aurais plus apprécié si je l’avais lu avant Je veux vivre. Cela reste tout de même une bonne lecture que je vous conseille.
01 octobre 2008
Ivan le terrible
Anne Fine
Ivan the Terrible, traduit par Nadia Butaud
(L'Ecole des Loisirs, collection Neuf)
Boris parle russe, et ce matin-la, ça ne lui porte pas chance car la directrice l’appelle dans son bureau pour qu’il puisse s’occuper de Ivan, nouvel élève russe auquel il doit servir d’interprète. Malheureusement, Ivan s’avère être un petit peu difficile : il passe son temps à injurier élèves et professeurs ! Boris se retrouve dans une situation un peu fâcheuse : doit-il traduire toutes ses injures et souffrir les conséquences potentiellement désastreuses ou dire à la place ce qu’il pense que les autres veulent vraiment entendre ?
J’ai lu ce livre après que Gawou m’ait demandé mon avis ; elle l’avait tout juste lu et ne savais pas trop quoi penser. Ben, moi non plus, je dois bien le dire. C’est sensé être une histoire très drôle, mais bien qu’il y ait de bons moments (dont l’histoire des comptines, car c’est vrai que si on écoute bien les paroles, c’est assez effrayant !), j’ai trouvé ça loin d’être hilarant (pas comme Au Secours, c’est Noël, en tout cas). J’ai trouvé qu’une fois qu’on apprend la raison pour laquelle Ivan est si agressif, ca rend l’histoire encore moins plausible !
Bref, c’est loin d’être le meilleur livre d’Anne Fine, et pourtant il a reçu la médaille d’argent du défunt Nestlé Children’s Book Prize en 2007.
03 avril 2008
Le livre noir des secrets
F.E. Higgins (Pocket Jeunesse)
The Black Book of Secrets, traduit par Rémi Stefani
Voila ce que prétend F.E. Higgins dans le quatrième de couverture de son premier roman, Le livre noir des secrets. Intriguant, non ?
Ludlow Finch est un pickpocket qui échappe tout juste au sort peu agréable qui l’attendait grâce à ses propres parents, qui avaient décider de lui faire arracher toutes ses dents pour les vendre (ça m’avait traumatisé enfant que Fantine vendait ses dents dans Les Misérables). Il arrive à s’enfuir et saute sur la calèche de, il le saura plus tard, Jérémiah Ratchet qui rentre chez lui, saoul comme d’habitude, dans le village de Pagus Parvus. Là, alors qu’il a froid et faim, Ludlow rencontre par hasard un homme à l’apparence peu ordinaire, Joe Zabbidou, qui lui offre un lit et à manger. Il travaillera désormais pour lui. Joe est prêteur de gages et vient ouvrir un magasin à Pagus Parvus. Mais le soir, lorsque sonne minuit, il invite les villageois à venir vendre autre chose : leurs secrets, que Ludlow transcrit dans un mystérieux livre noir. Les secrets se payent cher et les villageois, tous plus ou moins endettés envers Ratchet, ont bien besoin d’argent, ainsi que de se soulager leurs consciences. Peu à peu les villageois viennent donc se confesser et à travers leurs histoires on apprend que Jérémiah est aussi mauvais qu’il en a l’air….
Cette histoire est bien ficelée, ce qui n’a pas du être tache facile car bien que certains passages soient racontés directement par Ludlow, d’autres sont en fait des extraits du Livre noir des secrets. L’atmosphère est sombre, les personnages douteux pour la plupart, et l’humour grinçant. En lisant ce livre, je n’ai pas pu m’empêcher de penser que si Tim Burton réalisait un jour une adaptation d’un livre de Charles Dickens (préférablement Oliver Twist) ça ressemblerait exactement aux scènes décrites par FE Higgins. Et en passant, si Burton décidait d’adapter ce livre, Johnny Depp serait un magnifique Joe Zabbidou!
Deux petits bémols par contre, qui n’ont rien à voir avec le talent de FE Higgins :
- Je trouve par contre que le titre en français est maladroit – c’est une traduction littérale du titre original, mais il ne « sonne » pas aussi bien en français qu’en anglais.
- Le prix en France est choquant : 19€ ! Combien de familles peuvent offrir des livres à ce prix à leurs enfants ? Allez, zou, a la bibliothèque !
Malgré tout, je recommande vivement ce livre, et pas seulement aux enfants !
11 janvier 2008
Un ange tombé du ciel
Heather Dyer (Gallimard Jeunesse, collection Folio Cadet)
The Girl with the Broken Wing, traduit par Anne Krief
Je ne sais pas si ça vous arrive quelques fois, mais il y a des lectures qui me passent complètement au dessus de la tête. Par ça j’entends que je lis un livre dont tout le monde fait l’éloge et moi et ben, je vois pas d’où vient cet enthousiasme. Ce livre en est un exemple. Je l’ai lu après qu’il ait gagné la catégorie des livres pour 7 ans et plus (moi je trouve d'ailleurs que c'est trop jeune, c'est plus à partir de 9 ans, comme l'indique le site Galliamrd) dans une émission spéciale sur la lecture jeunesse qui est passée sur Channel 4 aux vacances de la Toussaint (voir ici)
C’est l’histoire de jumeaux, James et Amanda, qui un beau jour retrouvent une petite fille sur leur toit. Elle s’appelle Hilary (prénom très « vieux jeu », ce qui les surprend) et elle a des ailes (dont l’une est cassée), mais ils ne sont pas surs qu’elle soit un ange. Il la recueille et essaie de la cacher mais Hilary est curieuse et les suit partout. Elle est également plutôt du genre gaffeuse et prédisposée aux bêtises et accidents, et leur attirent pas mal d’ennuis. James s’impatiente et aimerait bien s’en débarrasser. Mais est-ce que cet ange encombrant finira t’il par se transformer en ange gardien ? Franchement, je ne saurais pas vous dire, parce que j’ai pas compris grand-chose ; enfin, si j’ai compris, mais le soi-disant symbolisme m’est totalement passé à côté.
Voici ce qu’en dit le site de Gallimard :
Le charme de l’écriture de Heather Dyer dans ce texte où le merveilleux fait brusquement irruption et illumine le quotidien pour nous entraîner dans d’étourdissantes aventures, drôles, fantaisistes et parfois pleines de danger.
Un univers d’enfants complices, une héroïne originale et attachante, ange à la figure de lutin, touchante, sensible, espiègle et parfois diabolique.
Et allez voir ici pour l'avis de Ricochet.
Alors si vous l’avez lu, éclaircirez-moi !
20 décembre 2007
Le crime parfait
Frank Cottrell Boyce (Gallimard Jeunesse)
Framed, traduit par Catherine Gibert
Ce roman est charmant, plein de chaleur et plein d’humour. J’ai beaucoup aimé le personnage de Dylan, et sa relation avec son père. L’historie est originale (ce n’est pas tellement ça que je veux dire mais il y a pas de vraie traduction pour le mot en anglais que j’ai dans ma tête, qui est quirky) mais reste vraisemblable. Frank Cottrell Boyce a reçu la Carnegie Medal en 2005 pour son premier roman, Millions, et Framed était également sélectionné en 2006 (il était d’ailleurs beaucoup plus méritant que le livre qi l’a éventuellement gagne mais ça c’est une autre histoire !). J’affectionne particulièrement le Pays de Galle, ou j’ai passé un an à la fac et la région de Snowdonia est magnifique. Et il n’y pleut pas autant que ce livre le prétend !!!
Dylan est le dernier garçon vivant à Manod, petite ville (fictive) nichée au pied des superbes montagnes de la région de Snowdonia, au Pays de Galle. Tous les autres garçons sont partis, suivant leurs familles à la recherche de travail qui est en grand manque dans cette région précédemment minière.
La famille de Dylan tient une station service/garage à la sortie de la ville mais l’entreprise familiale est en difficulté et le père de Dylan se voit obligé lui aussi de quitter Manod pour aller trouver du travail ailleurs. Dylan se retrouve promu homme de la maison et il ne manque pas d’initiative pour faire survivre sa petite famille. Lorsqu'un inconnu et bien habillé s’arrête au garage et sous-entend qu’il s’est installé dans l’ancienne mine au haut de la montagne, la curiosité de Dylan est éveillée: que fait cet homme dans une ancienne mine? Et bien, comme Dylan le découvrira, il cache des tableaux, les tableaux de la National Gallery car c’est ainsi que le musée a décidé de protéger ses tableaux les plus précieux (c’est une histoire véridique : pendant la deuxième guerre mondiale, la National Gallery a en effet mis à l’abri certains tableaux dans des mines abandonnées).
Suite à un malentendu, l’homme se prend d’affection pour Dylan qui lui trouve là une opportunité parfaite pour faire redémarrer l’entreprise de son père.
01 octobre 2007
L’étoile d’Indigo
Hilary McKay (Hachette, collection Le livre de poche jeunesse)
Indigo’s Star, traduit par Laurence Kiéfé
L’étoile d’Indigo est le deuxième tome des aventures de la famille Casson. Depuis mon billet sur Saffy’s Angel j’ai
découvert qu’il avait été publié en 2004 sous le titre français Saffy et l’ange de pierre mais je n’en trouve aucune trace!
Indigo , 12 ans, est un jeune homme sensible, très préoccupé par sa "tribu" (ses sœurs, et en particulier, la plus jeune, Rose). Il est aussi le cuisinier attitré de sa famille car Eve, la mère, a tendance à très souvent oublier de faire à manger ou même à acheter de la nourriture ! Après une longue maladie, il retourne à l’école et se retrouve vite face à face avec la bande d’élèves de sa classe qui le maltraitent depuis longtemps. Le pacifisme d’Indigo les énerve et ils s’acharnent de nouveau sur lui jusqu'à ce que Saffy et sa meilleure amie s’en mêlent. A ce moment là, la bande se tourne vers le nouvel élève de la classe, Tom, venu des Etats-Unis pour vivre temporairement avec sa grand-mère. Cette nouvelle rencontre va changer beaucoup de choses, non seulement dans la vie d’Indigo et de sa sœur Rose, mais aussi dans celle de Tom.
Comme d’habitude avec la famille Casson, tous les personnages sont aussi farfelus les uns que les autres. Mais McKay a une façon très touchante d’écrire et son sens de l’humour n’empêche pas ce livre de regorger de sensibilité. L’intimidation entre élèves y est bien décrite et bien que la fin soit peu plausible (à mon avis), elle démontre quand même que les enfants maltraités par d’autres à l’école peuvent aussi s’en sortir. Plus encore émouvant dans ce livre à mon gout, à l’arrière-plan de l’histoire, on est témoin des difficultés que Rose a à essayer de comprendre l’absence de son père, à sa révolte et à la fin de faire face au fait qu’il a quitté Eve pour de bon.
Un très bon bouquin, je continue la lecture de la série !
30 juillet 2007
Reine du fleuve
Eva Ibbotson (Albin Michel, collection Wiz)
Journey to the River Sea, traduit par Elie Robert-Nicoud
Maia a perdu ses parents dans un tragique accident de train en Egypte et vit dans un pensionnat pour jeunes filles de bonne famille à Londres. Au début de l’histoire, son tuteur et avocat, Mr Murray, lui annonce qu’il a enfin trouvé des lointains parents et qu’ils sont prêts à l’accueillir au cœur de leur famille. C’est la famille Carter, et ils habitent près de Manaus, au Brésil, sur le fleuve Amazone, où ils exploitent le caoutchouc. Accompagnée de Miss Minton, sa nouvelle gouvernante, Maia embarque pour un long voyage en mer. Elle y rencontre Clovis, un jeune garçon qui travaille dans une troupe de théâtre. Ceux-ci le maltraitent et il ne rêve que de retourner chez sa mère adoptive. Une fois arrivées, il devient vite clair que les Carter ne l’ont l’adoptée que pour s’emparer de son héritage. Malgré cette famille d’accueil qui semble tout mépriser (que ce soit la culture et la population indiennes ou même la population européenne de Manaus), Maia se fait vite des amis et fait également la connaissance de Finn, un garçon métisse tout à fait fascinant. Ce n’est que le début d’une grande aventure …
Lire ce livre, c’est comme lire A Little Princess (Princesse Sara) de Frances Hodgson-Burnett ou un autre roman typique pour enfants de cette époque ; bien qu’écrit en 2001, il aurait très bien pu être écrit en 1910, à l’époque pendant laquelle se passe l’histoire.
Ibbotson est une romancière formidable – tous les ingrédients de l’aventure classique y sont : la petite fille orpheline, l’exotisme du Brésil, les méchantes cousines (j’ai tout de suite pensé à Eliza dans le dessin animé Candy!), la gouvernante à la fois sévère et aimante, qui cache un secret, les deux garçons si différents mais tous deux amoureux de Maia. C’est un mélange parfait, avec beaucoup de surprises. Je l’ai lu avec beaucoup de plaisir, et il se lit très très vite !
12 juillet 2007
Le 12 juillet
Joan Lingard (Père Castor Flammarion)
Aujourd’hui c’est le 12 juillet. Pour Mister D. (monsieur Book'in), quand il était jeune, dans son Irlande du nord natale, c’était un sale jour, un jour où les protestants orangistes inondaient les rues de sa ville natale, portant des bannières pleines de haine, lui criant des insultes parce qu’il était catholique. Ces temps-ci, il y a toujours des marches orangistes, mais la plupart n’ont pas le droit de traverser les quartiers catholiques. Les insultes, elles, existent toujours mais ce sont souvent les petits déliquants qui s’y mettent, parce qu’il n’y a pas grand chose d’autre à faire.
Le 12 juillet est le titre du premier livre de la série de Kevin et Sadie de Joan Lingard. Kevin est catholique, Sadie est protestante et (malheureusement pour eux), ils tombent amoureux. Ils se rencontrent parce que Kevin décide d’aller dans un quartier protestant et ecrire des graffittis sur un des murs ornés de l’effigie de King Billy. Dans les années 70, à Belfast, c’était vraiment pas “a good idea”. Les romans qui se passent en Irlande du nord pendant les “troubles”, il y en a des tonnes mais cette série se préoccupe des gens et de l’effet que cette haine à sur eux et leurs familles. C’est aussi une belle histoire d’amour “against all odds”.
Je crois qu’il n’est plus disponible à la vente en France, mais si vous le trouvez en bibliothèque, foncez!


