Book'in: bouquine!

litterature jeunesse britannique

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27 août 2007

Le club des cinq en vacances

Enid Blyton (Hachette Jeunesse, collection Bibliothèque Rose)

Five Go Smuggler’s Top, traduction revue par Anne-Laure Estèves

Quand j’ai acheté ce livre cet été, je n’avais d’abord aucune intention de le lire. Comme Violette de Jacqueline Wilson je l’avais acheté comme outil pour une leçon avec des « year 7s » (sixièmes).  Tous les ans, on parle des couvertures de livres et comment elles affectent nos choix de lectures (on non) et on compare à ce moment là les couvertures britanniques à leurs équivalents français. 

Voici le résultat pour le livre en question :

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Bref, j’ai quand même succombé à l’envie de le lire, parce que ça faisait un sacré bout de temps que je n’avais pas lu du Enid Blyton. Le club des cinq, j’étais tombée dessus par hasard à l’époque. Je me promenais dans les dunes du Rozel un soir en été et j’avais trouvé une copie de (je crois)  Le club des cinq en randonnée, toute neuve et abandonnée dans le sable. Je l’avais donc recueillie et lue. J’en ai lu quelques autres après ça mais je n’avais jamais été très fan; 25 ans plus tard, je comprends pourquoi ! Il y a des livres qui vieillissent très bien, et il y en a d’autres qui vraiment feraient mieux de rester sur les étagères poussiéreuses de notre enfance. Le club des cinq fait, sans aucun doute, partie de la deuxième catégorie. Ok, ça a été écrit en 1956, mais ça n’excuse pas la mauvaise qualité de texte. C’est déjà très énervant d’avoir un livre où toutes les filles sont pleurnichardes et peureuses, tous les garçons vaillants et courageux, tous les pères coléreux, peu intéressés par leurs enfants et toujours à travailler sur des choses « importantes » dans leurs bureaux, toutes les mères, craintives, émotives et effacées derrière leurs maris , mais en plus les dialogues sont maladroits et le texte à la limite de l’acharnement (apparemment Blyton écrivait un nombre précis de mots par tous les jours, et cette surproductivité se sent vraiment dans son style – ou plutôt manque de style !).

Je ne pense pas que ce soit dangereux qu’un enfant aujourd’hui lise un livre comme celui-ci, rempli de valeurs vieux jeu. J’imagine mal qu’un enfant de 7 ans va se dire « tiens, quand je serais grand, je serais misogyne » à cause de Le club des cinq en vacances ! Non, mon problème, il est pas là. Mon problème, c’est qu’il y a tant de littérature jeunesse de qualité exceptionnelle publiée depuis quelques années, pourquoi s’acharne-t-on à re-éditer des vieux machins comme ça et à essayer de les faire lire à nos enfants ? Y a-t-il vraiment une place pour Enid Blyton, autre que nostalgique pour les plus de 30 ans (comme moi :0( ), dans la littérature jeunesse d’aujourd’hui ? Franchement, à mon avis, non.

Si on veut du « classique de la littérature enfantine britannique du vingtième siècle », parlons plutôt de Roald Dahl ; avec Charlie et la chocolaterie (1964) il fut accusé de racisme avec sa description des Oompa-loompas. Pourtant, ça n’empêche pas ce livre et tous ses autres de ne pas vieillir d’une ride. Bref, tout ça pour dire que je ne vais pas commencer une campagne pour bannir Enid Blyton, mais elle ne sera pas sur la PAL des loupiots, à moins qu’ils le demandent vraiment gentiment (je ne suis pas non plus du genre a interdire tout non plus)!

Et dans tout ça, l’histoire c’est quoi, me direz-vous ? Eh ben, le club des cinq part en vacances (!) sur le Pic du Corsaire, un mont entouré de marais ; il y a bien sûr plein de méchants et une enquête à mener, le  club des cinq s’en mêle, et c’est Dagobert qui sauve tout le monde à la fin. Comme d’hab, quoi !

Posté par Library Mice à 22:14 - 6-9 ans - Permalien [#]